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Tell me would you kill to prove you're right.

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Lucan Anarchy.Messages: 54
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MessageSujet: Tell me would you kill to prove you're right. Jeu 27 Oct - 11:13

TELL ME WOULD YOU KILL TO PROVE YOU'RE RIGHT.
Tell me would you kill to save a life.

PV Frankie.


Où vais-je ? Lucan se trouvait dans le Garden. Une forêt glauque, infertile, sombre et inaccueillante. A l'image de son cœur. Elle regarda autour d'elle. C'était l'endroit précis où elle avait rencontré l'Impérator, l'endroit précis où elle avait éprouvé pour la première fois une tristesse si intense qu'elle en était douloureuse. Mais le sentiment s'était évaporé si vite qu'elle doutait l'avoir réellement ressenti. Peut-être était-ce un rêve, comme ces aveugles qu'ils imaginent la nuit qu'ils voient le soleil se lever. Pourtant c'était si fort, si... Vrai. Et inaccessible. Pourquoi était-elle ici ? Cherchait-elle à le revoir ? Elle se maudit. Elle savait par expérience que cela risquait de devenir une drogue, qu'une minute de laisser-aller pouvait détruire des années d'entraînement, elle refusait de s'avouer à quel point elle voulait encore goûter à cette bienfaisante souffrance. Puisque c'était la seule chose qu'elle pouvait ressentir. Bonheur, c'était comme la lune, elle ne pourrait jamais y accéder. La tristesse n'était que nuages de neige. Neige. Elle regarda autour d'elle. Cette année, il faisait exceptionnellement froid, elle le voyait aux grosses écharpes, au manteaux épais, et se demandait comment il faisaient. Elle portait un débardeur moulant sans manche et un bermuda en jean, pour changer. Sa veste noir était ouverte mais elle avait sa capuche sur la tête. Elle étira les lèvres en un sourire sadique, celui d'autrefois. Mais elle n'était plus la Lucan d'autrefois.

Elle leva son pistolet et le contempla. Elle ne tuerait plus... plus par envie ou par sadisme. Elle se contenterait d'apporter la mort avec froideur. Une beauté glaciale qui ne sourirait plus, ne serait plus moqueuse. L'ombre silencieuse, porteuse d'une fin certaine. Elle avait mué. Le serpent devient faucon. Elle eut un léger sourire. Oui, c'était exactement ça. Un serpent qui devenait faucon. Désormais elle ne serait plus comme avant. Elle avait des ailes avec des couteaux à chaque extrémité. Des ailes d'ange noir. Tandis que son âme n'était plus foulée au pieds par son esprit. Elle ne faisait qu'un, éternellement en communion avec son esprit. Belle et froide, un regard calme, dénuée d'expression. Les expressions sont les manifestations de nos sentiments. Alors elle n'en aurait plus. Ni moquerie, ni fausse chaleur. Elle se pencha à terre. Le corps de l'adolescent qu'elle avait tué deux jours plus tôt, Lyam, à cause de son nom, n'était plus là, mais la terre était tachée de sang qu'elle garderait dans sa mémoire. Elle était déesse car elle disposait de vies entre ses mains. Mais elle n'en tirait plus aucune satisfaction. Elle agissait, comme si on l'avait mise en mode "pilotage automatique". Silencieuse, froide, concentrée, mortelle.

L'air était lourd et humide et Lucan sentait que la pluie n'était pas loin. Elle sourit. Définitivement, elle aimait la pluie. Et celle-ci n'alourdissait pas ses ailes, bien au contraire. La pluie était belle et douce. Elle rendait tout doux. La terre dure devenait de la boue lisse. Le ciel n'était pas uniforme, mais plein de remous, des nuances de gris toutes différentes, un arc-en-ciel noir et blanc. Dix milles couleurs qui se bousculaient pour dominer. Pourquoi personne ne levait-il la tête vers le ciel ? Il était infiniment plus beau que cette vie. Immortel. Si lui, sans masque. Et elle savait qu'au dessus, brillait le soleil. Après le beau temps vient toujours la pluie, et non pas le contraire. Un cri de dégoût retentit et, par réflexe, Lucan tourna la tête. Une humaine traînait par terre, s'accrochait, réclamait, elle voulait que l'EGM à qui elle s'adressait lui donne quelque chose. Celui-ci avait l'air horripilé. Comment pouvait-elle donc dépendre de quelqu'un d'autre que soit-même ? se demandait Lucan avec curiosité. Elle s'approcha, ombre silencieuse, se glissa derrière la femme sans que personne ne la voie. Elle lui tira une balle dans le bras. Pourquoi l'achever tout de suite ? Il était tellement plus intéressant de la faire souffrir. Elle avait été clémente avec Lyam, parce qu'elle n'avait pas supporté qu'il porte le prénom de son petit frère, petit frère qu'elle avait tué. Peu importait qu'on ne sache pas si c'était Hevel ou Lucan. Elle étaient aussi responsables l'une que l'autre. La vieille se mit à hurler et la parfaite jeune femme la regarda avec nonchalance. L'EGM venait seulement de la remarquer mais pour l'instant, elle ne s'en occupait pas. La mendiante l'agaçait horriblement avec ses cris incessants, mais elle ne l'achèverait pas. Elle lui tira une balle dans la joue qui la plaqua à terre, sans qu'elle ne puisse plus émettre un son. Elle en logea une autre dans le pied nu qui traînait à terre. Elle détestait ces gens qui ne savaient que dépendre des autres pour vivre, mais elle ne prit même pas la peine de s'adresser à elle et releva la tête pour détailler l'EGM. Ses étincelants yeux violets étaient cachés dans l'ombre, on ne voyait que sa bouche vermeil sur sa peau d'albâtre.

Bien sûr, il était superbe. La perfection même. Mais cela n'avait pas d'impact sur Lucan qui l'était elle-même. Il avait de grands yeux bleus aux milles nuances irisées, des cheveux de nuit qui lui retombaient en mèche sur le visage. Lucan avait masqué les siens sous sa capuche, elle les sentait onduler jusque sur ses hanches. Fin, en longueur, une peau de porcelaine. Un beauté insupportable pour n'importe quel humain. Elle sentit une goutte sur sa main ; il commençait à pleuvoir. Quand la pluie fut violente, elle repoussa sa capuche, secoua ses cheveux en bataille organisée sans se soucier plus de l'EGM et leva ses yeux d'améthyste pure en amande vers le ciel. Elle tendit son visage à la pluie et celle-ci le mouilla tout entier, puis elle reporta son attention sur le jeune homme, l'eau ruisselant sur son visage, donnant l'impression que ses longs cils étaient encore plus noirs que d'habitude, projetant des ombres mouvantes sur ses joues. Elle était froide mais pas menaçante. En quelque sorte, il était comme elle, et, en soi, cela la réconfortait un peu. Elle n'était pas seule. Elle était perdue dans un univers noir de violence et de mort, mais elle n'était pas seule à être dénuée de sentiments.

Elle se contentait simplement de le regarder, calmement.
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FrankieMessages: 23
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MessageSujet: Re: Tell me would you kill to prove you're right. Jeu 27 Oct - 14:40

Si Frankie était venu là ce matin, c'était parce que ... Non, il n'y avait absolument aucune raison pour lui de venir ici, au Garden, et il se demandait bien ce qu'il foutait là et pourquoi ses jambes sveltes l'avaient amené ici. Il tient un joint entre deux doigts fins, le majeur et l'index, et vu son attitude détachée, ça aurait pu être n'importe quoi. Il aspire une longue goulée, les yeux plissés, savourant la drogue, sentant chaque infime particule rentrer en lui. Il penche la tête sur le côté avec gourmandise, relâche même un petit gémissement de satisfaction. Décidément, il ne s'y habituerait jamais. Il adorerait toujours les joints de cette marque. Il ouvre les yeux et tapote la cigarette du pouce pour faire tomber les cendres, consumées, maintenant sans saveur.

Il se tient droit, avec cette posture digne d'un danseur, si élégant, beau à en mourir. Il en est conscient. Il regarde autour de lui et son coeur — ou du moins, s'il en a un — se tord de désolation. Le paysage est sinistre et glauque, mais ce n'est pas ça qui le révolte à ce point-là. C'est surtout l'imperfection, cette poussière, cette saleté, cette crasse! Tous ces microbes le repoussent. Et ce pétrole... Ce pétrole qui semble être absolument partout. Il est par terre, sur la route bétonnée, un peu craquelée, et sur cette herbe, qui a du mal à percer cette terre hostile, et qui tire sur le jaune ... Mais aussi dans le ciel, niché au creux de ces nuages, préparant, immanquablement, une pluie.

Frankie a l'impression que le kérosène s'invite sur sa langue et dans sa gorge, descendant au plus profond de ses entrailles et le dévorant de l'intérieur. Rien que cette idée lui donna l'envie irrépressible de vomir mais il se contente de tousser sans rien laisser paraître et aspire une nouvelle fois le cannabis incandescent.

L'air est particulièrement froid, et le vent ploye les arbres, les transformant en tristes ballerines qui se courbent et se cambrent douloureusement. Frankie sourit. Il se sentait l'humeur poétique, soudainement. Le pétrole et la drogue avaient du avoir raison de lui. Il jette le joint avec plus de violence qu'il n'en aurait fallu et l'écrase. Il allait s'éloigner lorsqu'un cri l'alerte.

Frankie fait volte-face en sursaut, tous ses réflexes activés par la surprise. Il s'attend presque à ce que son coeur tambourine dans son torse, mais il ne se passe rien. Son rythme cardiaque ne s'accélère pas d'un pouce. En fait, maintenant qu'il voit la source du cri, il ne ressent plus aucune once de surprise. C'est une femme, très pauvrement vêtue. En réalité, elle ne porte sur le dos qu'une robe et un châle en grosse mailles de laine. Elle aurait pu être plutôt jolie si ... Non, en fait elle aurait pas pu. Elle était humaine, et puis, il avait vraiment du mal à imaginer cette "chose" comme étant belle.

Frankie s'écarte avec dégoût lorsqu'elle arrive à son niveau. Ses yeux d'un marron très banal le fixent avec imploration tandis qu'elle lui demande de l'argent, de la nourriture, tout à la fois. Il la trouve bien grossière de venir l'importuner ainsi, et la baffe violemment. Le coup est parti tout seul, et la jeune femme, blessée par la brutalité du coup, s'effondre à ses pieds. Tandis qu'il se recule un peu plus, elle rampe vers lui, s'accroche à sa jambe en pleurant. De sa main, non désinfectée, elle touche ses chaussures irréprochables, brillantes, et il lâche un cri de dégoût en manoeuvrant un coup de pied qui lui coupe la respiration, qui la cueille vers le diaphragme.

Une balle part, à partir de l'orée de la forêt, et vient se ficher dans le bras de la mendiante, qui roule sur le côté, hurlant de douleur. Frankie ricane devant un travail bien fait et fixe l'expéditeur du projectile. À sa grande surprise, c'est une femme. N'ayant pas l'envie pour le moment de la détailler davantage, il se penche vers l'humaine avec un sentiment d'immortalité. Il a l'impression d'être un être supérieur. Non. En fait, il est supérieur et c'est tout à fait normal qu'il se sente comme tel. Il se surprit à se délecter de sa souffrance, de l'odeur du sang, qui, en coulant sur son bras, se déverse doucement sur la boue.

Elle gémit, se plaint, gémit encore. Frankie est maintenant agacé. Il lui donne un coup de talon sur la jugulaire pour la calmer un peu. Une autre balle part pour perforer sa joue, puis son pied dépourvu de toute protection, de toute chaussure. Maintenant, tout devient plus silencieux.

Après quelques secondes, Frankie relève la tête pour contempler la femme qui l'a aidée à se débarrasser de cette intruse. Pour l'instant, tout ce qu'il apercevoir, c'est des lèvres d'une belle couleur, d'un vermeille intense. Elles sont pleines, comme chez un enfant, mais cependant très féminines. Une goutte d'eau tombe sur la main de l'EGM femelle. Très vite, la pluie dégénère pour se transformer en une averse, qui, humidifiant le visage de la femme, la sublimait davantage.

Frankie sourit, de ce demi-sourire irrésistible, un peu distant, comme s'il savait quelque chose que vous n'avez aucune chance de comprendre un jour. Ce sourire a un côté un peu moqueur, et rêveur à la fois. Un sourire, cela dit, parfait. L'eau coule sur ses traits irréprochables, pour rentrer à l'intérieur de sa chemise, la collant à sa peau, dévoilant son 6-pack.

Pendant un instant, ils se regardèrent.

— Je suis Frankie. Et toi, une femme qui n'aime pas les mendiantes, pas vrai?

Sa voix était douce et virile, mais un peu vide. Sans sentiment. Un vide qui caractérisait tous les EGM. Il se figurait que elle aussi, elle se sentait dénuée de vie, par moments.
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Lucan Anarchy.Messages: 54
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MessageSujet: Re: Tell me would you kill to prove you're right. Jeu 27 Oct - 15:18

Il sourit. A nouveau cette beauté insupportable qui donne à n'importe quel humain un douloureux sentiment d'infériorité. La mendiante ne devrait pas se plaindre. Son ange à fait ce qu'il y avait de mieux pour elle. Sourire lointain, nostalgique, rêve ironique. Elle se félicite d'avoir accepté de devenir EGM, de pouvoir supporter une beauté aussi indicible, et de la posséder. C'est tellement plus classe de tuer quand on est parfait...
Lui aussi se drogue, mais sans doute pas à la même chose qu'elle. Quelque chose de matériel, du cannabis, quelque chose dont le corps et dépendant. Elle, c'est son esprit. Il disait sans doute vrai. Tu essaie une fois, c'est fini pour toi. Définitif. Pouvait-on dire que tuer était une drogue ? Question intéressante. Dans le cas de Lucan, sûrement.

— Je suis Frankie. Et toi, une femme qui n'aime pas les mendiantes, pas vrai ?

Une voix douce, charismatique, rêveuse, vide. Dénuée de tout sens. Comment les humains pouvaient-ils trouver une tel voix belle ? Elle, si elle avait des sentiments, cela l’atterrerait. Juste ça. Mais eux, eux, ils s'en gorgeaient, s'en nourrissaient, buvaient les paroles quelles qu'elles soient, tant que c'était une voix d'être génétiquement modifié. D'EGM. Lucan, même si elle le faisait, détestait l'idée d'appeler qui que ce soit par des initiales. M'enfin, détester, c'était une exagération. Disons qu'elle désapprouvait.

— ... Je n'aime pas les gens qui ne savent pas se débrouiller par eux-même. C'est tout. rétorqua-t-elle avec calme.

Une discussion entre deux êtres dénués de tout sentiments. Une tueuse et un drogué. Une droguée et un tueur. L'inverse marchait pour elle mais sûrement pas pour lui. Elle contempla un instant ses fines mains blanches. Elles avaient l'air immaculé, mais Lucan avait l'impression de voir le sang de chaque personne qu'elle avait tué dégouliner entre ça doigts. Et ça ne lui faisait rien, strictement rien.

— ... Je suis un monstre. Mais tu peux m'appeler Lucan.
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MessageSujet: Re: Tell me would you kill to prove you're right. Ven 28 Oct - 12:59

Frankie scrute la jeune femme avec une intensité et un intérêt qu'il n'avait pas éprouvé depuis longtemps. Bien sûr, il est encore sur ses gardes, sachant que son interlocutrice, Lucan — quel nom parfait — est en possession d'une arme, ce qui n'est pas vraiment son cas.
Toutefois il se sent plus à l'aise qu'avec ces dindes qu'il se coltine tous les jours de sa vie, pour qu'elles le récompensent d'un amour sans saveur réelle, d'une obsession insupportable, et de regards admiratifs toutes les putain de secondes.

— ... Je n'aime pas les gens qui ne savent pas se débrouiller par eux-même. C'est tout.

Elle a répondu avec un calme presque déconcertant. C'est tout de même étonnant. Comme si l'acte commis était irrépréhensible et anodin. Il rit légèrement, amusé, avec cet air, un peu supérieur, hérité de son enfance bourgeois et rehaussé par l'opération. Il jette un coup d'oeil aux alentours, pour vérifier s'ils sont bien seuls. Ils le sont bien, mais le paysage est toujours aussi affreux, et se trouver là semble déprimer Frankie vu comment ses yeux se plissent en balayant du regard les alentours.

Lorsqu'il revient à Lucan, elle fixe ses mains. Elle est tellement dénuée d'émotions qu'on aurait dit que c'était une poupée de porcelaine, infiniment belle, authentique, mais tellement ... morte? Frankie n'arrivait pas à trouver un adjectif adéquat, et ça le rend un peu frustré. Son visage parfait se rembrunit.

— ... Je suis un monstre. Mais tu peux m'appeler Lucan.

Il relève les yeux, un peu trop rapidement. Le qualificatif est là. Monstre. Pourquoi s'obstinait-t-il à trouver un adjectif alors qu'il aurait pu trouver un nom? Il ne sait pas pourquoi mais ça colle tellement à la jeune femme.

Le cliché qu'on a du monstre est la grosse bête hirsute qui enlève les enfants la nuit et les mange, tout en rentrant dans une grotte inhospitalière, sans raison apparente. Frankie pense qu'un monstre est surtout quelqu'un torturé par son passé, par ses méfaits qu'il ne se justifie pas toujours, par un traumatisme. Et qui, pour se soulager, commet des actes parfois horribles. Donner la mort en fait partie.

Mais pourtant, Frankie n'arrive pas à se sentir repoussé par Lucan, ni même effrayé. Il n'arrive pas à culpabiliser de ne pas avoir défendu la mendiante, ou de l'avoir frappé. Il se sent tellement vide, tellement calme, ici, sous cette pluie, entouré par tout ce qu'il méprise le plus au monde, en compagnie de cette charmante demoiselle au passé sûrement tâché de sang...

Frankie s'immobilise en plantant son regard dans celui de Lucan. Il ne voit aucune émotion dans ses yeux, et sait que les siens aussi sont inexpressifs, morts, mais colorés et beaux. Ils sont tout deux des poupées de porcelaine.


— Si on marchait un peu? Nous méritons mieux que cet endroit désolant.

Il cachait sous cette phrase un besoin urgent de nicotine. Il rêvait de se mettre au sec et d'allumer une cigarette qu'il fumerait à grosses goulées. Il jeta un coup d'oeil à sa montre. Sa dernière clope remontait à deux heures, et sa main commençait déjà à trembler un peu. Il la cacha dans la poche de son veston.
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Kurohana M.Messages: 20
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MessageSujet: Re: Tell me would you kill to prove you're right. Mer 2 Nov - 10:38

Deux yeux morts, d'un bleu parfait et intense, vinrent se ficher dans ceux de Lucan. Il semblait un peu embêté que Lucan ait une arme et pas lui. Elle eut un léger sourire, amusé, agacé, moqueur, tout ça à la fois. L'inexpression cachée derrière une overdose de ces sentiments écœurants et incompréhensibles. Lucan aurait pu décrire ce vide pendant des heures. Mais elle n'avait pas les mots. Et cela ne lui manquait pas. Rien, toujours rien, encore rien. Il avait regardé autour de lui, semblant se demander s'ils étaient seuls. Peut-être se demandait-il si elle comptait lui tirer dessus. Pour l'instant pas le moins du monde. Inintéressant de tuer quelqu'un qui vous ressemble. Lucan avait l'impression qu'il trouvait que l'adjectif "monstre" était bien choisi. Ses intuitions étaient rarement fausses. Même si cela arrivait. Il s'immobilise.

— Si on marchait un peu ? Nous méritons mieux que cet endroit désolant.

Lucan s'esclaffe d'un rire sans joie, dénué d'émotions. Le rire cristallin mais creux d'un oiseau en cage qui sent le soleil caresser les moignons de ses ailes. Et qui sait que c'est déjà trop tard. L'idée même qu'elle puisse mériter quelque chose la fait sourire. Elle ne mérite rien et elle le sait. Elle entr'aperçoit la main de Frankie trembloter avant qu'il ne la cache furtivement dans sa poche. Ses yeux étincelèrent mais elle resta muette. Apparemment, il n'aime pas la pluie. Et ne peux pas supporter quelques heures sans fumer un joint. Elle hausse les épaules pour elle-même. Elle déteste rester deux jours sans tuer, torturer psychologiquement ou physiquement un de ces mièvres pantins pleins de sentiments idiots et rabaissants. Dieu te punira, il punit toujours ceux qui ne lui obéissent pas, tu iras en enfer !! Sa sixième victime, une mendiante elle aussi. Elle gardait sa croix en or serrée contre elle et Lucan, dix ans et demi, s'était approchée en lui demandant avec curiosité pourquoi elle ne vendait pas ce pendentif. L'autre l'avait regardée d'un air furieux et lui avait ordonné d'aller au diable, titillant les fragiles oreilles de l'être génétiquement modifié. Le seul bruit qu'elle tolérait dépassant 50 décibels était celui de son pistolet, qu'elle sortit. Elle tira dans la jambe de la femme qui prononça alors les paroles que vous avez vues plus haut. Lucan éclata d'un doux ricanement. En enfer, elle y était déjà, et elle s'y plaisait bien mieux qu'elle ne serait au paradis.

Lucan jette un regard à Frankie. Il y ira, avec ou sans elle, elle le sait. Elle déteste -c'est une exagération, comment je peux décrire ça, moi qui ne suis qu'une pauvre humaine ?- la fumée de cigarette, mais pour une raison qu'elle ignorait, elle décida de faire un effort.

— Où voudrais-tu aller exactement ?
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MessageSujet: Re: Tell me would you kill to prove you're right. Mer 9 Nov - 20:31

    S'il est passablement vexé par son inferiorité face à la femme qui se tenait devant lui, Frankie éprouve un sentiment de vide qui le force à contenir ses pulsions sexistes cette fois. Peut-être était-ce la menace du pistolet? Frankie est plus persuadé que c'était autre chose, et il a envie de faire un effort, juste pour cette journée. Après tout, la situation ne risque pas d'évoluer tant qu'ils ne se reverraient pas et, en ce moment même, Frankie n'en avait pas l'intention, pour l'instant.

    Sa main tremble maladivement dans sa poche, et il la sert en un poing crispé. Il déteste perdre le contrôle. Il déteste sentir ses pieds partir en guimauve et ses membres secoués par des convulsions insupportables. Il déteste ce manque qui le dévore, un peu plus chaque seconde. Mais il en savoure paradoxalement la moindre bouchée. Il lance un regard autour de lui, pour la seconde fois, nerveux à présent. Il serre la mâchoire et ses os ressortent à travers sa fine peau blanche. Pour une humaine normale, il aurait l'air coléreux. Mais pour un EGM, les signes de l'anxiosité seraient évidents.

    Frankie regarde Lucan dans les yeux, avant de repérer juste derrière elle un arbre immense, dont les feuilles, particulièrement serrées entre elles, prodiguaient une parapluie naturel, mais peu esthétique. Les branches ployent elles aussi sous le vent, squelettiques, étrangement sculptées dans un bois terne, presque mort. Il se trouve à 700-1000 mètres. Il lançe un nouveau regard vers la femme, et commençe une lente marche vers l'abri. L'eau coule toujours sur ses traits, et s'engouffre dans ses habits, ses poches, et ses chaussures. Cependant, ce n'est pas ça qui allait le faire tomber malade, lui et son immunité à la quasi-totalité des maladies connues.

    - Pourquoi ne pas aller... par-là?

    Il indique l'endroit observé d'un petit geste de la tête. Ses tremblements se sont calmés, comme conscients d'être bientôt satisfaits par une dose considérable de nicotine. Il est fébrile rien qu'à l'idée d'un peu de fumée.

    Le soleil pointe presque à l'horizon maintenant. Diffusant une aura orange sanguine, qui, plus haut, se mêle au bleu clair, qui quant à lui, tire vers le blanc au-dessus de leurs têtes. La lune est encore apercevable, mais fade, d'un opaque dont l'opacité tire plus vers le transparent. Frankie se réjouit brièvemen du spectacle avant d'accélerer sa démarche de façon difficilement perceptible.

    - Et sinon, pourquoi te qualifies-tu de monstre? Tuer une mendiante t'enlève juste ton innocence. À moins que ce ne soit pas ta première fois...

    Il avait du mal à se concentrer et sa voix était dénué de l'influence qu'elle exerçait normalement. Plus normale, plus simple, mais toujours aussi virile cependant, et plutôt grave. Il la regarda en attendant une réponse.


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Lucan Anarchy.Messages: 54
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MessageSujet: Re: Tell me would you kill to prove you're right. Mer 16 Nov - 9:18

[ Je réponds pas tout de suite, j'ai d'autres priorités en matière de RP, désolée, par contre on dit anxiété ^_^ ]
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